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Printemps des Poètes 2015

La Babel Heureuse : les textes en grec et latin

Par VERONIQUE LASLANDES, publié le lundi 16 mars 2015 09:27 - Mis à jour le mardi 17 mars 2015 11:11

Deux poèmes en grec :

Le corbeau et le renard

 

Κόραξ κρέας ἁρπάσας ἐπί τινος δένδρου ἐκάθισεν. Ἀλώπηξ δὲ θεασαμένη αὐτὸν καὶ βουλομένη τοῦ κρέατος περιγενέσθαι στᾶσα ἐπῄνει αὐτὸν ὡς εὐμεγέθη τε καὶ καλόν, λέγουσα καὶὡς πρέπει αὐτῷ μάλιστα τῶν ὀρνέων βασιλεύειν, καὶ τοῦτο πάντως ἂν ἐγένετο, εἰ ϕωνὴν ἔχειν. Ὁ δὲ παραστῆσαι αὐτῇ θέλων ὅτι καὶ ϕωνὴν ἔχει, ἀποϐαλὼν τὸ κρέας μεγάλα ἐκεκράγει. Ἐκείνη δὲ προσδραμοῦσα καὶ τὸ κρέας ἁρπάσασα ἔϕη· « Ὦ κόραξ, καὶ ϕρένας εἰ εἶχες, οὐδὲν ἂν ἐδέησας εἰς τὸ πάντων σε βασιλεῦσαι. » Πρὸς ἄνδρα ἀνόητον ὁ λόγος εὔκαιρος.

Un corbeau avait enlevé un morceau de viande, puis s’était perché sur un arbre. Un renard l’aperçut. Voulant s’emparer de la viande, il vint se tenir devant lui et entreprit de louer sa belle taille et sa prestance ; en outre, nul autre oiseau ne méritait plus que lui la royauté, qu’il aurait sans doute obtenue, pour peu qu’il eût la voix ! Le corbeau, pour lui prouver qu’il en avait bien, laissa tomber la viande et croassa de toutes ses forces. Alors le renard se précipita et, saisissant la viande : « O corbeau, déclara-t-il, si tu avais aussi de la cervelle, il ne te manquerait rien pour régner sur tous les animaux ! » Cette fable s’applique aux imbéciles.

Ésope (VIe av. J.C.), Fables, 124 / 165.


 

Le renard et le raisin

 

Ἀλώπηξ λιμώττουσα, ὡς ἐθεάσατο ἀπό τινος ἀναδενδράδος βότρυας κρεμαμένους, ἠβουλήθη αὐτῶν περιγενέσθαι καὶ οὐκ ἠδύνατο. Ἀπαλλαττομένη δὲ πρὸς ἑαυτὴν εἶπεν· « Ὄμφακές εἰσιν. » Οὕτω καὶ τῶν ἀνθρώπων ἔνιοι τῶν πραγμάτων ἐφικέσθαι μὴ δυνάμενοι δι‘ ἀσθένειαν τοὺς καιροὺς αἰτιῶνται.

 

Comme il avait vu des raisins suspendus à une treille, un renard affamé voulut s’en emparer, mais ne le put pas. Alors, en s’éloignant, il se dit à lui-même : « Ils sont verts ».

Il en est ainsi de certains hommes qui, incapables par faiblesse, de réussir ce qu’ils ont entrepris, accusent les circonstances.

 

 

Des poèmes en latin :

Ille ego cum tristi morbo defessa iaceres
te dicor votis eripuisse meis,
ipseque te circum lustravi sulpure puro,
carmine cum magico praecinuisset anus ;


 ipse procuravi ne possent saeva nocere
somnia, ter sancta deveneranda mola ;
ipse ego velatus filo tunicisque solutis
vota novem Triviae nocte silente dedi.


Omnia persolvi : fruitur nunc alter amore,
et precibus felix utitur ille meis.
Saepe ego temptavi curas depellere vino :
at dolor in lacrimas verterat omne merum


 

Saepe aliam tenui : sed iam cum gaudia adirem,
admonuit dominae deseruitque Venus ;
tunc me discedens devotum femina dixit,
et pudet et narrat scire nefanda meam.

C'est moi qui -on le sait-, quand tu étais clouée au lit par une cruelle maladie, t'ai arrachée à la mort par mes vœux ; et c'est moi qui t'ai purifiée en t'enveloppant du soufre purificateur, après qu'une vieille eut prononcé ses formules magiques ;

c'est encore moi qui ai conjuré les effets néfastes des cauchemars, détournés par trois fois avec la farine sacrée ; c'est moi aussi qui, la tête couverte d'une bandelette et la tunique flottante, ai adressé à Trivia, dans le silence de la nuit, neuf vœux.


Je les ai tous acquittés : c'est un autre maintenant qui jouit de ton amour et c'est lui qui a le bonheur de profiter de mes prières. Souvent j'ai tenté de noyer mes chagrins dans le vin, mais la douleur en larmes avait changé tout le vin.

Souvent j'ai pris une autre femme, mais chaque fois que j'allais goûter le plaisir, Vénus m'a rappelé ma maîtresse et m'a lâché ; alors, en me quittant, la femme m'a dit : "On t'a jeté un sort !" et, malgré sa honte, elle raconte que c'est une sorcière, mon amie.

TIBULLE, Élégies, I, 5, 9-18 et 37-42.

Ad Marcum Tullium Ciceronem


Disertissime Romuli nepotum,
quot sunt quotque fuere, Marce Tulli,
quotque post aliis erunt in annis,
gratias tibi maximas Catullus
agit pessimus omnium poeta,
tanto pessimus omnium poeta,
quanto tu optimus omnium patronus.

Catulle

 

À CICÉRON


O le plus éloquent des fils de Romulus, qui sont, qui furent et qui seront plus tard dans les autres années, Marcus Tullius, reçois les mille actions de grâces de Catulle, le plus mauvais de tous les poètes; de Catulle, qui est autant le plus mauvais de tous les poètes que tu es le meilleur de tous les avocats.

 

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